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Le pape dialogue avec la jeunesse de France

Louanges, temps de prière, enseignement du Saint-Père, ou encore vénération de la tunique d’Argenteuil étaient au programme de cette veillée. Un temps fort de foi et de fraternité pour les milliers de jeunes présents.

Jeune au stade de france
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Louanges, témoignages, enseignement du Saint-Père, et encore vénération de la tunique d’Argenteuil étaient au programme de cette veillée. Un temps fort de foi et de fraternité pour les milliers de jeunes présents.

Dialogue du Saint-Père avec les jeunes

Question de Chloé

Très Saint Père, nous rendons grâce pour votre présence parmi nous ce soir et pour ce temps d’échange que vous nous offrez.

Je m’appelle Chloé, j’ai 25 ans et j’achève des études en pharmacologie. Je suis engagée au sein d’un collectif de jeunes catholiques de quartiers populaires d’Île-de-France : La Cité Céleste. Nous organisons notamment des événements ponctuels tels que des nuits d’adoration et de louange, réunissant de nombreux jeunes de quartier désireux de vivre et de partager largement leur foi. Je suis également engagée au sein de ma paroisse, notamment auprès des jeunes lycéens. À travers ces différents engagements, j’ai à cœur de mettre mon énergie et mes compétences au service des autres en créant du lien entre la foi, la jeunesse et les réalités vécues au quotidien dans nos quartiers.

Comme le dit saint Paul « pour nous, vivre, c’est le Christ ». Pourtant, la société dans lequel nous vivons se construit sur d’autres fondements et semble parfois même être étrangère à la question de Dieu. Nous désirons annoncer le Christ autour de nous avec force et persévérance mais aussi, bien sûr, avec respect et délicatesse vis-à-vis de ceux que nous rencontrons. Comment pouvons-nous conjuguer la force de notre élan missionnaire avec l’authenticité d’une vie fraternelle avec ceux qui ne partagent pas notre foi ?

Réponse du Saint-Père

Chers amis, la première chose que je voudrais dire est très simple : merci ! Merci à Dieu, merci à vous, merci pour votre courage, merci pour votre présence, merci pour votre foi. Vous êtes les saints de France !

Et merci Chloé pour ta demande. La phrase de saint Paul que tu as citée, n’est pas une simple affirmation. Elle est une véritable synthèse de sa vie. En quelques mots, brefs mais décisifs, il prononce une prière de louange, un acte de foi, et indique un chemin de sainteté jusqu’au martyre. « Pour moi, vivre, c’est le Christ » (cf. Ph 1, 21). En répétant cette déclaration d’amour, nous essayons de partager l’expérience de l’Apôtre. Celui-ci témoigne, en effet, que Dieu n’est jamais étranger à sa vie, mais que, au contraire, Il vient à sa rencontre : Il l’appelle auprès de lui, le transforme intérieurement, l’envoie dans le monde.

Nous sommes tous concernés par cette dynamique spirituelle, aujourd’hui encore. Il est vrai, comme tu le dis, que la société dans laquelle nous vivons semble indifférente à Dieu. Mais le Seigneur n’est pas indifférent à nous ! Voilà ce qui compte… et ce qui nous donne toujours de l’espérance !

Que beaucoup soient étrangers à la question de Dieu est, en effet, un problème ; mais que beaucoup soient étrangers à la question de l’homme l’est tout autant. Combien de personnes, malheureusement, se désintéressent de leur prochain, menant une vie égoïste, ou bien méprisent les pauvres en gaspillant leurs biens dans des choses futiles. Combien rejettent les personnes simples ou malades, pensant que chacun ne vaut que par ce qu’il produit. Je pense en particulier à ton engagement dans les quartiers populaires d’Île-de-France avec La Cité Céleste : c’est là, dans le concret du quotidien, et parfois des difficultés, que ta foi devient un vibrant témoignage d’espérance.

L’homme s’égare lorsqu’il affirme que Dieu est mort. Si Dieu n’est pas avec lui, l’homme n’a plus de salut et perd le sens de son existence, qui se réduit à une impasse ou au néant. En revanche, celui qui dit :  Pour moi, vivre, c’est le Christ ! , fait exactement l’expérience du contraire. Dans le Christ, en effet, nous savons que Dieu n’est jamais indifférent à l’homme ! Par Jésus, crucifié et ressuscité, Il donne sa propre vie pour que nous en vivions. Voilà donc la manière d’annoncer le Christ qui allie courage et respect : l’annoncer comme Évangile de salut ; comme parole de vérité et de vie. Cet Évangile est une bonne nouvelle pour tous, une annonce libératrice et une règle de vie nouvelle.

L’Évangile de Jésus, en effet, ne conduit pas au conflit, mais invite toujours au pardon : tandis qu’il éclaire le drame de l’histoire, il nous forme à la sollicitude fraternelle. La rencontre avec le Christ ouvre au dialogue et prépare à sa paix, car elle offre à chaque homme et à chaque femme la promesse la plus grande, qui comble tous les désirs : la promesse de la vie éternelle.

Chère Chloé, chers jeunes, l’expérience religieuse de toute personne exprime cette quête de sens qui anime l’âme humaine. En Jésus, le Rédempteur du monde, Dieu se laisse trouver en s’adressant « aux hommes comme à des amis » (Const. dogm. Dei Verbum, n. 2). Il est la source d’eau vive, la lumière dans les ténèbres. Dans la joie de la foi, proclamons donc ensemble, ce soir : pour nous, vivre, c’est le Christ ! Ensemble : pour nous vivre c’est le Christ !

Grâce à Lui, il est possible d’allier l’élan missionnaire à l’expérience de la fraternité à l’égard de ceux qui ne croient pas en Dieu ou qui appartiennent à d’autres traditions religieuses. Cette fraternité, faite d’écoute et d’estime réciproque, trouve ses racines dans l’unité de la famille humaine qui, tout au long de l’histoire, a développé la dimension religieuse comme une caractéristique vitale de chaque peuple.

Cultiver un lien fraternel « avec ceux qui ne partagent pas notre foi » contribue donc à la construction de la société ; et devient un exercice de foi et de charité ; car il est impossible de témoigner du Christ sans aimer ceux à qui nous voulons l’annoncer. Les rencontres entre jeunes de la région méditerranéenne qui ont eu lieu ces dernières années sont un signe encourageant de cette fraternité.

Le message chrétien ne constitue donc pas un obstacle à la coexistence fraternelle ; au contraire, il la favorise, car il invite librement chacun à écouter une nouvelle de paix et de salut. De même, notre mission n’est pas en contradiction avec le respect des autres religions, car l’Église ne rejette rien de ce qui, en elles, est vrai et saint (cf. Nostra Aetate, n. 2). Merci !

Question de François

Très Saint Père, merci de venir nous fortifier dans la foi et dans notre désir de témoigner de l’Evangile !

Je m’appelle François Bigot, j’ai grandi dans la campagne en Bourgogne et je suis actuellement étudiant en agronomie à UniLaSalle. J’aime donner mon temps pour la beauté de la liturgie, je suis engagé au service de mon diocèse à travers le pélé VTT de Nevers, et pour la préparation d’un nouveau pèlerinage bourguignon. Je suis également chef scout et engagé dans l’aumônerie étudiante de mon école.

Au service des plus fragiles, au service de la paix dans notre pays et dans le monde, au service de l’Eglise du Christ, nous, les jeunes, nous voulons nous engager ! Cependant, il est souvent difficile de savoir comment orienter sa vie pour se donner sans compter, fidèlement, sans pour autant se disperser ou perdre courage tant la tâche semble parfois démesurée. L’anxiété et l’incertitude viennent souvent fragiliser l’enthousiasme de notre jeunesse. Très Saint-Père, comment discerner où le Seigneur nous attend pour servir et offrir notre vie ?

Réponse du Saint-Père

Il y a beaucoup de scouts ici ? Oh, très bien, bienvenus !

Tout d’abord, je vous remercie vivement pour votre engagement. C’est pour moi une grande joie de vous voir si nombreux, animés de la volonté de vous mettre au service de la paix qui nous fait grandir en tant qu’hommes et femmes, en transformant les peurs en espérance, et les plaintes en engagement responsable. Aujourd’hui, cette grande mission est plus urgente que jamais, car elle nous invite à naviguer avec discernement au cœur des mutations technologiques et numériques actuelles, sans diminuer notre humanité.

En particulier, lorsque nous nous consacrons à la protection des plus petits et des plus faibles, nous reconnaissons notre propre faiblesse dans laquelle nous nous retrouvons tous. Cette fragilité propre à la vie humaine ne nous effraie pas, mais nous unit en tant que créatures qui se découvrent frères et sœurs dans le Christ. C’est Lui le premier qui se donne à nous, et le signe vivant de cette grâce est l’Eucharistie, « source et sommet de toute la vie chrétienne » (LG 11). Nous tirons de ce sacrement, qui soutient notre foi, la force de nous donner, nous aussi, à notre prochain, en imitant la gratuité du Seigneur Jésus. La recherche de la justice et de la paix nous oblige à constater les conflits que nous vivons nous-mêmes, et à purifier notre cœur. En nous engageant au service de Dieu et des autres, nos blessures trouvent alors consolation et rédemption.

Il n’existe aucun échec dont Dieu ne puisse nous relever : sa miséricorde est notre joie. Et pourtant, vous avez cité l’anxiété et l’incertitude comme des obstacles à votre enthousiasme. Ce sont là des sentiments très répandus en raison de la précarité des projets d’avenir, du caractère provisoire des liens affectifs et de la fragilité des relations. À ces sentiments s’en ajoutent d’autres, qui pèsent sur votre génération, comme par exemple la fatigue de l’écran et l’anxiété face aux changements climatiques ou à la situation économique et internationale. Oui, il faut prêter une oreille attentive à ces sentiments. Je vous invite tous, chers jeunes, à garder le cœur ouvert face aux souffrances de vos camarades.

En même temps, l’expérience de la fragilité, de toute fragilité, devient pour un disciple du Christ une occasion de témoignage. Celui qui suit Jésus sur le chemin du service humble et gratuit est libéré de l’angoisse et retrouve un nouvel enthousiasme faisant l’expérience de la joie et de la paix intérieures ; non pas des sentiments passagers ou subjectifs, mais ancrées dans la certitude de la foi dont nous témoignons ensemble comme Église.

Oui, ensemble, nous formons l’Église : fragile et sainte, comme des vases d’argile qui renferment un trésor (cf. 2 Co 4, 7). Saint Paul nous rappelle, une fois encore, que c’est précisément dans la faiblesse que nous sommes forts (cf. 2 Co 12, 10). C’est surtout dans les moments de difficulté que Dieu soutient notre liberté et nous encourage par sa grâce. Il a voulu vivre en tant qu’homme, afin que nous puissions vivre avec Lui, pour toujours, comme témoins joyeux de l’espérance.

Chers amis, c’est dans cette amitié avec Jésus que s’opère notre discernement, une réflexion en implorant le don du Saint-Esprit. Il s’agit d’un exercice constant pour avancer avec ordre et assurance.

Comment bien discerner ?

Tout d’abord, rappelez-vous que la Parole du Seigneur est toujours une lampe pour nos pas (cf. Ps 119, 105). À la lumière de l’Évangile, la formation spirituelle passe par la prière et le service ; l’adoration et l’action ; le silence — ce silence si rare et si nécessaire, loin du vacarme médiatique — et l’annonce.

Ensuite, inspirez-vous de l’exemple des saints : même dans la persécution, ces frères et sœurs ont ouvert des chemins de paix. Regardez ces prêtres passionnés par le Christ, comme saint Eugène de Mazenod et saint Jean-Marie Vianney ; regardez la beauté mystique de sainte Thérèse de l’Enfant Jésus ; la bienheureuse Pauline Jaricot, fervente dans la charité et la mission ; le courage des 50 [cinquante] martyrs de l’apostolat de la seconde Guerre Mondiale qui ont servi leurs frères jusqu’au sacrifice de leur vie. Les saints ont changé le cours de l’histoire, faisant passer beaucoup de personnes de la souffrance à l’espérance ; car ils ont d’abord changé leur propre cœur, en le transformant à la lumière de la foi.

Chers jeunes, lorsque vous discernez votre vocation, soyez certains que le Seigneur ne vous parle pas de manière confuse, mais il s’adresse à chacun par votre nom, et il vous invite à le suivre car il vous aime. En accueillant son Évangile, l’esprit clair et le cœur pur, vous comprendrez comment Jésus vous appelle à servir. Il s’agit toujours d’un don de vie : plein, fidèle, débordant d’amour. Pour vaincre l’angoisse ou l’incertitude, ayez le courage de dire un seul mot, simple et magnifique : merci. Merci, Jésus, pour ton amour.

C’est pourquoi maintenant, sans crainte mais dans la confiance et plein de joie, nous pouvons déjà dire tous, tous ensemble, à la suite des saints : Me voici Seigneur !

Tous ensemble : Me voici Seigneur !

Et je m’adresse à ceux d’entre vous – et ils sont nombreux ici ce soir – qui pensent entendre l’appel à suivre Jésus sur la voie du sacerdoce ou de la vie consacrée. Chers amis, l’Église en France a tant besoin de vous !… elle prie pour vous, elle vous attend. Chers amis, n’ayez pas peur de cet appel ! Ayez de l’audace ; ayez confiance en Jésus qui veut faire de vous ses plus proches amis : Il ne vous décevra pas et sera toujours à vos côtés ; votre vie sera merveilleusement belle et féconde.

Pour conclure, nous pouvons reprendre cette prière que saint Jean-Paul II nous a transmise : « Maître, toi qui aimes et respectes la personne humaine, toi qui as partagé la souffrance de l’homme, toi qui éclaires le mystère de l’existence humaine, fais-nous découvrir le vrai sens de notre vie et de notre vocation ! » (Homélie lors de la XIIe Journée mondiale de la jeunesse, Paris, 24 août 1997). Merci !

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Le Pape traverse le stade de france

Discours du Saint-Père

Dans la nuit, la lumière apparaît encore plus éclatante. C’est ainsi, chers jeunes, que nous avons ensemble entendu les paroles de saint Paul. Nous voulons les porter haut, comme une torche qui éclaire, non seulement la prière de chacun, mais aussi toute l’histoire de l’Église. L’Apôtre observe son époque, et il accueille l’inspiration divine, c’est-à-dire l’Esprit Saint qui ouvre toujours des perspectives lumineuses d’avenir. Oui, Dieu est le Seigneur de l’histoire et, quoi qu’il arrive, Il la conduit vers le salut : dans le Christ, tout mal trouve une fin, précisément parce que la fin devient le commencement d’une vie nouvelle et éternelle.

Chers amis, pour éclairer notre époque et transformer le présent à la lumière de l’Esprit, rappelons-nous avant tout que, comme Timothée, nous sommes des hommes et des femmes de Dieu. Cette expression – de Dieu –, choisie par saint Paul, signifie un lien, et non une possession. Celui qui vit avec Dieu est libre : libre de tout ce qui obscurcit la vie et la rend vide et dénuée de sens. Jeunes de France, vous portez dans votre cœur un immense désir de liberté, un mot qui résonne avec force dans votre culture. Mais quelle est donc la source de la vraie liberté ? Jésus nous l’indique clairement lorsqu’Il dit que c’est la vérité qui nous rendra libres (cf. Jn 8, 32) ; et que la Vérité, c’est Lui-même (cf. Jn 14, 6) ! Voilà donc la source de la vraie liberté : la relation vivante avec Jésus.

La compagnie du Seigneur donne, en effet, sagesse à nos projets et beauté aux désirs que nous portons dans le cœur. Dieu traverse notre âme comme une lumière en nous invitant à un renouveau permanent, à une conversion qui donne tout son sens à l’existence, parce qu’elle fait de nous les acteurs d’une histoire qui passe de la confusion à la recherche de la vérité ; de l’indifférence à l’engagement pour la justice. Saint Paul le dit par trois verbes qui font appel à notre liberté : évite, tends, combats.

L’Apôtre écrit à Timothée : avant tout, « évite ces choses », c’est-à-dire l’orgueil, la vanité, la violence, la cupidité (cf. 1 Tm 6, 4.10). Ce sont là des sentiments qui nous saisissent et qui nous possèdent. L’égoïsme qui les caractérise cache une solitude effrayante. Pour savourer la proximité de Dieu et la fraternité humaine, il faut rejeter cette convoitise qui consume les relations sans rien donner en retour, et qui nous gave de choses sans nous rassasier. C’est là un style de vie qui pousse à tout avoir, mais à n’être personne ; à recevoir quantité de “j’aime”, mais à rester seul avec soi-même.

Quand nous décidons de ne pas suivre ce style, nous commençons alors à tendre vers « la justice, la piété, la foi, la charité, la patience, la douceur » (v. 11). Oui, celui qui vit avec Dieu tend vers le meilleur : il est en exercice constant. Il recherche la vertu, c’est-à-dire la force qui le rend bon et vrai. Chers amis, la dynamique qui caractérise l’existence chrétienne porte un nom précis : elle s’appelle chemin de sainteté. C’est le chemin que le Seigneur ouvre devant chacun de nous, en nous accompagnant tout au long de la route. Et combien de fils et de filles de cette terre bien-aimée de France se sont laissés conduire sur cette voie ! Pensons, par exemple, au bienheureux Marcel Callo, un jeune Français, scout et ouvrier qui, dans l’obscurité du camp de concentration, n’a pas cessé de tendre vers le bien, en restant libre intérieurement.

Au fur et à mesure que nous avançons sur ce chemin de la sainteté, il apparaît clairement qu’il ne suffit pas d’éviter le mal : il faut choisir le bien. Il ne s’agit pas d’un principe abstrait, ni d’une affirmation évidente : choisir le bien est l’acte propre de la liberté par lequel celle-ci se réalise, se rectifie et mûrit. Pour faire les bons choix, souvenez-vous de ce critère : le bien donne la vie, il ne l’enlève jamais. Le bien prend soin, il ne prend pas pour lui-même. Le bien n’est pas un beau concept, mais le visage rayonnant de l’amour : il est Dieu en personne ! Les vertus que saint Paul nous indique comme reflets de sa bonté sont les suivantes : la justice envers l’humanité ; la piété et la foi envers Dieu ; la charité envers tous ; la patience envers ceux qui nous font souffrir ; la douceur qui caractérise ceux qui recherchent la paix avec un cœur pur.

Les principes d’égalité et de fraternité qui inspirent votre société trouvent ici leur fondement : plus que des prescriptions légales, ce sont les choix radicaux et courageux d’un cœur libre. Faire nôtres ces principes n’est pas seulement un engagement moral : c’est choisir de devenir des hommes et des femmes authentiques, libres de tout compromis.

À ce propos, l’Apôtre nous livre un troisième verbe : combattre. En effet, éviter le mal et tendre vers le bien implique de combattre. Combattre, oui, comme l’a fait saint Paul, souvent représenté une épée à la main, image de la Parole de Dieu, « l’épée de l’Esprit » (Ep 6, 17). Ce verbe résonne avec force, ici en France, terre de sainte Jeanne d’Arc, une jeune fille qui a su combattre avec audace. Mais attention, le verbe comme l’image nous sont désormais clairs : le combat auquel nous sommes invités est celui de la foi, c’est-à-dire l’engagement à vivre selon l’Évangile en tant que disciples de Jésus, le Fils de Dieu qui fait de nous des frères et sœurs. C’est en son nom que nous recevons la force des justes pour résister à la tentation. C’est en son nom que nous recevons la persévérance des doux, pour nous consacrer au bien. Notre combat n’est pas un combat contre les autres, il n’utilise pas les armes de la violence, du mépris ou de l’oppression. Notre seule arme est celle de l’amour qui se donne.

Nous savons, malheureusement, qu’il y a des forces qui s’opposent à notre relation avec Dieu ; des puissances qui cherchent à diviser les personnes et les peuples en les dressant les uns contre les autres. Ces maux ont non seulement un visage violent, mais prennent aussi parfois une apparence insidieuse ; car ils promettent précisément ce qu’ils nous enlèvent, à savoir le bonheur. Mais lorsque nous nous sentons entourés de leur obscurité, la lumière de l’Esprit Saint nous éclaire et nous réconforte : cette nuit, donc, choisissons ensemble les vertus que nous devons développer pour suivre le Seigneur.

Nous ne sommes pas seuls sur ce chemin de sainteté, car nous le parcourons en union avec tous nos frères et sœurs qui nous entourent. Vous en faites d’ailleurs l’expérience ce soir, comme lors de grands rassemblements tels que les Journées Mondiales de la Jeunesse. Nous avons aussi pour alliés les saints qui nous soutiennent dans l’épreuve. Chers amis, lorsque les choix de la vie exigent du courage, sollicitez leur intercession et imitez leur exemple. Comme nous l’avons chanté dans les litanies, l’encouragement des saints nous assure que nous ne sommes jamais seuls dans la prière, que nous ne sommes jamais seuls dans l’Église. En ces temps particuliers, demandons leur aide pour être des artisans de paix : désir éternel de Dieu et engagement constant de l’humanité ! Ce soir, j’ai évoqué certains d’entre eux. Demandons également à sainte Thérèse de l’Enfant Jésus de nous enseigner sa petite voie de l’amour quotidien, fondement solide de toute paix durable.

Le Seigneur réalise cette paix à travers l’alliance qu’Il conclut avec nous tous par l’intermédiaire de Jésus, le Christ. C’est pourquoi, en indiquant le fondement de notre expérience de foi, saint Paul parle non seulement de ce que nous pouvons faire en répondant à Dieu, mais aussi de ce que Dieu fait pour nous. L’Apôtre le résume par un épisode : Jésus devant Pilate, la vérité de l’amour devant l’hypocrisie du pouvoir. Le « bon combat » coïncide alors avec le « beau témoignage » (cf. vv. 12-13). C’est ce que démontre l’emploi d’un même adjectif kalos, qui signifie ici bien fait. L’œuvre bien faite, celle qui est bonne, c’est la rédemption que Jésus accomplit pour nous. Dans son combat contre le péché et la mort, la victoire du Christ nous libère, elle nous sauve de tout mal et nous invite à faire toute sorte de bien.

Dans cette lumière, regardons les deux reliques que nous avons devant les yeux : la tunique et la croix. L’une a été enlevée au Christ ; l’autre, lui a été donnée. En ce sens, elles sont toutes deux des signes de sa passion : Jésus est dépouillé de sa tunique pour nous revêtir de la robe blanche, lavée « dans le sang de l’Agneau » (Ap 7, 14). C’est ainsi que la croix, instrument de mort, devient signe d’espérance. Toutes deux, la tunique et la croix, nous représentent, nous l’Église qui naît de la vie de Dieu donnée au monde. Chers jeunes, pour grandir en sainteté et améliorer notre société, soyez de lumineux témoins de cet Évangile, c’est-à-dire de la bonne nouvelle qu’est le Christ lui-même, notre Sauveur : « À lui soient l’honneur et la puissance pour toujours. Amen » (1 Tm 6, 16).