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Turquie, Liban, Afrique, Espagne… : Avant la France, 5 voyages qui ont façonné le pontificat de Léon XIV

Avant sa venue en France, Léon XIV a déjà marqué les esprits à travers plusieurs voyages apostoliques. Cinq évêques français reviennent sur les déplacements qui ont façonné son pontificat.

Le Pape Léon en Algérie
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Du Liban à l’Espagne, de l’Algérie aux grandes étapes africaines, les premiers voyages du pape Léon XIV ont progressivement dessiné les grandes lignes de son pontificat. Dialogue, paix, fraternité, attention aux périphéries, proximité avec les peuples : cinq déplacements qui permettent de mieux comprendre celui que la France s’apprête à accueillir.

En Turquie, Léon XIV a appelé à l’unité dans la foi et à la fraternité entre les peuples

Lors de son premier voyage apostolique en Turquie (à Iznik/Nicée) en novembre 2025 pour commémorer le 1700e anniversaire du premier concile œcuménique, le pape Léon XIV a prononcé plusieurs formules marquantes centrées sur le dialogue et le dépassement des divisions historiques.

Le premier voyage du pape Léon XIV en Turquie a mis en lumière son appel à accomplir la mission chrétienne à partir des dons reçus de Dieu. Dans ce pays marqué à la fois par les origines du christianisme, la grande tradition des premiers conciles et la présence majoritaire de l’islam, il a invité à rechercher l’unité et la fraternité. Aux autorités turques, il a rappelé que la terre des débuts de l’Évangile appelle les fils d’Abraham à une fraternité qui reconnaît les différences. Aux catholiques, très minoritaires, il a demandé de cultiver l’espérance : la petitesse est la voie choisie par Dieu, comme la graine du Royaume. Le moment le plus fort fut à mon avis la prière commune avec le patriarche Bartholomée et les autres Églises, sur le lieu du concile de Nicée, où la proclamation du Credo fut un pas de plus vers l’unité. Le pape a souligné que l’enjeu demeurait le même aujourd’hui : la foi en un Dieu qui s’est fait homme pour nous rendre participants de la nature divine. Il a appelé aussi à une fraternité universelle : « il ne serait pas possible d’invoquer Dieu comme Père si nous refusions de reconnaître comme frères et sœurs les autres hommes et femmes, eux aussi créés à l’image de Dieu ». Il a condamné l’usage de la religion pour justifier la violence et encouragé à bâtir des ponts par le dialogue et la collaboration, entre chrétiens comme avec les autres croyants. Ce voyage, comme toute visite du Pape dans un pays, invite à relire les dons reçus et la mission qui nous attend aujourd’hui.

Par Mgr Olivier de Cagny, évêque d’Evreux

Aux jeunes du Liban : « Vous pouvez changer le cours de l’histoire »

En choisissant le Liban pour son tout premier déplacement international, il a posé un geste fort au cœur d’un Moyen-Orient en quête de stabilité. À travers ses homélies, il a exhorté la classe politique à la réconciliation et a placé le modèle multiconfessionnel libanais comme un message universel de paix et de coexistence fraternelle. Il s’est également beaucoup adressé à la jeunesse du pays.

« La paix soit avec vous ! » Le jour de son élection, le pape Léon a spontanément repris ces mots de Jésus dans l’Evangile, comme si l’Esprit-Saint lui suggérait cette bénédiction de Jésus sur ses Apôtres comme programme de son pontificat. Il n’est pas étonnant, du coup, qu’après ces premières paroles, son premier voyage apostolique le mène au Liban dévasté par tant d’épreuves, déchiré par tant de conflits.

Comme si le pape voulait justement apporter ces paroles de paix au peuple du Liban, les déposer sur ce pays, encourager ses habitants à croire à une paix possible et à en devenir acteurs. « Vous êtes un peuple qui ne succombe pas, mais qui sait toujours renaître avec courage face aux épreuves. Votre résilience est une caractéristique indispensable des véritables artisans de la paix : l’œuvre de la paix, en effet, est un recommencement continu. », a-t-il affirmé lors de sa rencontre avec les autorités.

Ce sont les jeunes qu’il a exhortés, en particulier, à rester dans le pays pour « projeter ensemble un avenir de paix et de développement ». « Vous avez l’enthousiasme nécessaire pour changer le cours de l’histoire ! », leur a-t-il dit, « soyez la sève d’espérance que le pays attend ! »

Comment parler d’espérance après tant de souffrances, alors que près de 800.000 Libanais ont fui le Liban entre 2012 et 2024 et qu’environ 1 million de réfugiés syriens s’y sont installés dans une grande précarité ?

C’est que le pape n’a pas seulement parlé, encouragé. Il a d’abord écouté. En particulier les témoignages d’Anthony et de Maria, d’Elie et de Joëlle, chacun engagé personnellement pour porter cette espérance dans leur famille ou dans leur quartier. Le point d’ancrage de cette espérance, leur a-t-il confié, n’est pas « une idée, un contrat ou un principe moral », mais c’est le Christ ressuscité. « Avec la force que vous recevez du Christ, construisez un monde meilleur que celui que vous avez trouvé ! » 

Léon a rejoint ce peuple en souffrance, il l’a écouté et pleuré avec lui. Mais, surtout, il lui a montré qu’il croyait en lui, en sa capacité de se relever et de reconstruire, en s’appuyant sur le Seigneur. Voilà ce que fait un père. Voilà l’avenir qu’il a su ouvrir.

Par Mgr Nicolas Brouwet, évêque de Nîmes

Les évêques algériens après la visite du Pape en avril 2026

Le voyage du pape Léon XIV en Algérie s’inscrit dans le cadre de sa première tournée apostolique en Afrique, effectuée du 13 au 23 avril 2026, qui comprenait également le Cameroun, l’Angola et la Guinée équatoriale. Ce déplacement revêtait une forte dimension pastorale et symbolique, marquant la première visite d’un pape en Algérie. 

Cette paix, qui permet d’envisager l’avenir avec un esprit réconcilié, n’est possible que par le pardon. La véritable lutte pour la libération ne sera définitivement gagnée que lorsque la paix des cœurs aura enfin été conquise. », le 13 avril 2026, visite du Mémorial des martyrs Maqam Echahid.

Notre cœur est encore brûlant de ce moment de communion, de fierté et de joie partagé non
seulement en Eglise mais avec une large part du peuple algérien lors de la préparation et de la
tenue de la visite du Saint-Père les 13-14 et 15 avril derniers.

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Après l’Algérie, le Cameroun, l’Angola et la Guinée équatoriale

En avril 2026, le pape Léon XIV a effectué un voyage apostolique de onze jours en Afrique, visitant successivement l’Algérie, le Cameroun, l’Angola et la Guinée équatoriale. Ce déplacement s’inscrit dans une dynamique pastorale et diplomatique forte : il s’agissait pour Léon XIV, de se rendre proche des Églises locales, d’encourager les fidèles dans des contextes de pauvreté, de conflits ou de transitions politiques, et de porter un message sur la justice sociale, la corruption et l’exploitation des ressources naturelles. 

« Nous ne sommes pas nés pour devenir esclaves de la corruption de la chair, ni de celle de l’âme : toute forme d’oppression, de violence, d’exploitation et de mensonge nie la résurrection du Christ, don suprême de notre liberté. », homélie, le 20 avril du Pape en Angola. Source : Vatican 

en Espagne : un Pape qui parle à l’Europe

Du 6 au 12 juin 2026, Léon XIV a parcouru 2 500 kilomètres pour relier Madrid, Barcelone, Las Palmas de Grande Canarie et Santa Cruz de Tenerife. Le Pape est parti à la rencontre d’une communauté catholique confrontée à de nombreux défis. Dans une société espagnole plurielle et polarisée, l’Église souhaite non plus se reposer sur son héritage religieux, mais œuvrer pour une véritable conversion missionnaire.

« Vous êtes appelés à donner une nouvelle orientation à la société. Soyez humains. Oui, soyez humains ! Face à la violence de la guerre et du mensonge, devenez l’étincelle d’une humanité nouvelle. » Veillée de prière avec les jeunes, à Madrid, 6 juin 2026. Source : Vatican


-> Lire le décryptage de Mikael Corre, correspondant de La Croix au Vatican